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Des Lyres
Les songes du coeur naissent d’élixir de ballote
Plantés, ils poussent sur les champs de batailles désertés
Fières bannières de guerre qui flottent
Telles des bardes et rixes muselées
Ces moments d’incertitude glacent le sang
Les instants figés qui s’écroulent lentement
Se nouent et sculptent autour de la nuque une chevelure qui pend
Une main glacée qui se tend, dans l’implacable attente, étrangle la raison
On voit alors défiler les nuances agitées,
Sur le givre d’un crépuscule médusé,
telles de rouges rapaces, par mille brasses, plongent
Et peinent toujours à se noyer
Les engins s’éteignent, leur son s’évapore d’un mugissement amer
Nous y sommes à temps et le rêve commence les yeux grands ouverts
Indélébiles et éternels, le tableau est enfin clair
Châteaux de sable et sillages sur la mer
Nautical
Inspiré par une ballade au bord d’un lac le 31/12/2011
Ses dernières heures allaient expirer, son pouls déferlait en échos sur le paysage en dérision
Aussi lancinante qu’elle fut pour douze mois, par pur miracle la voici maintenant en suspension
Du bout de ses doigts, elle daignait caresser les eaux frêles d’un lac moribond
Aquarelle crépusculaire battue par le vif envol des secondes et des flamants
Sur le gris des nuages, ses yeux ébahis venaient se poser comme au bon vieux temps
Une promesse peinte sur les lèvres d’une nouvelle ère
Tandis qu’une autre erre encore au delà du royaume des hommes et du vent
25
Sensation
Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, – heureux comme avec une femme.
Arthur RIMBAUD (1854-1891)
Bonus Track : Under The Water It Glowed
New blood!
Hello! Alors voilà c’est une idée qui me taraude l’esprit depuis un moment et je l’ai concrétisée finalement. J’ai pas encore un avis tranché sur le sujet, mais je vais continuer encore pour un bout de temps et voir où cela va mener.
Voici donc mon deuxième blog http://pan-thy-monium.blogspot.com , tout ce que je peux dire pour le décrire c’est qu’il est différent de Cloud Weave.Enjoy it while you can ;)
Sang Visages
La révolution enfin inachevée et la première chose qu’un spectateur pourra directement discerner est le développement colossal des activités équestres, en référence à tout ceux qui essaient tant bien que mal, sans pudeur ni selle, de chevaucher la dite révolution.
Le bilan est maigre car jusque là, rien n’a changé ou presque, l’intimidation persiste encore, la censure aussi et on continue encore de sanctifier des figures et des noms exhumés des registres de corruption et des dossiers pestiférés dans une tentative désespérée d’apprivoiser la résistance. La révolution est par la majorité négligée, et semble être un vague souvenir qui ne sert qu’à redorer les blasons et donner le libre arbitre à quiconque pour s’improviser politicien calé.
Ironique lorsque la veille, on se laissait ligoter par le fatalisme de la dictature, aujourd’hui, ses suppôts sont devenus de rebelles militants, des sages qui détiennent la vérité absolue et qui se permettent même d’incriminer ceux qui au tout début tenaient haut les flambeaux. Amnésie quand tu nous tiens.
Ils vont encore jurer allégeance, puis au premier coup de vent, s’enrouleront dans leurs tanières, mueront et referont surface avec de nouvelles couleurs pigmentées sur-mesure pour cirer les pompes d’un autre tyran où tout l’environnement de domination lui serait fin prêt.
“Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité, ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux” disait Benjamin Franklin, mais il est assez clair que ces fanatiques adeptes de masochisme et souffrant d’un syndrome de Stockholm accentué, tentent de troquer la liberté et la dignité contre un faux-semblant de sécurité, et ils n’hésiteront pas par ignorance de passer la brosse à reluire, changer de facette et de facéties pour subsister toujours à quelques doigts du précipice. Leur doctrine est la lâcheté et veulent valser pendant une période de transition sans tâter le terrain ou vaciller.
La « majorité » silencieuse ou, à défaut de termes moins crus, les hypocrites et les lâches qui se sont cachés sous leurs lit, attendant jusqu’à la dernière minute, un retour en force du manitou, ont essayé de sauter comme ils ont pu dans le dernier wagon du train de la réalité, dépassés par les évènements, ils avaient juste le temps de changer de mauve-mont. Honte à ces charognards, ils ne peuvent être purifiés, même pas avec les saintes cendres d’Andrasté.
Mais ils ne peuvent se douter qu’il y ait anguille sous roche, ils ne peuvent comprendre ce que c’est que d’être à l’autre bout d’un fusil à lunettes et avec le déclic d’une gâchette réduit en souvenirs et poussières, ils ne peuvent songer à la douleur infligée à une femme violée ou à un orphelin sans défense. Leur hypocrisie leur permet d’aligner les cadavres en ligne de mire des critiques et de les rosser ensuite. L’envie de travailler est soudainement montée d’un cran et l’ardeur pour la patrie est au zénith.
En effet, il faut avouer qu’on a implanté un réflexe dans ces peuples attardés, celui de se subjuguer sciemment pour feindre une démocratie aliénée où les moyens de communication se convertissent lentement en des outils pour réprimander, on crée un environnement putride où la torture et la répression sont des ornements outranciers de la démocratie et où les clames et ovations viennent sécher le sang des estropiés et les larmes des cadavres terrassés. Ces gens là ne peuvent pas vivre librement, ils éprouvent toujours le besoin d’être sous l’égide d’un bourreau, toujours à acclamer un éternel berger et sauveur. De la violence et de l’insipidité de cette comédie, on ne peut que rester sidéré.
Une rébellion avortée ne mène pas à une démocratie anticipée, loin de là, elle laisse place à toute sorte de germes pour pulluler dans les plaies encore entrouvertes et tout cet environnement malfamé ne pourra que réinstaurer de nouvelles dictatures où seules les mains sont priés d’applaudir, tandis que les têtes se fassent trancher et les pensées castrer. Des tyrannies assoiffées de liquidité bancaire et ayant une sensibilité exorbitante à toute voix qui entrave leurs crimes.
Policiers, voleurs, violeurs, snipers, tortionnaires, donjons, où est passé tout ce beau monde ? Ou devrait-on croire ces stipulations, selon lesquelles, tout n’était que rumeurs, contes à dormir debout et d’infantiles fabulations ?
Et c’est le même calque funèbre qui surplombe le monde arabe ; une répression farouche et terrorisme d’état, pratiquant d’une façon illicite de nombreuses ruses pour disculper les manifestants et s’octroyer plus de droits. La similitude est frappante entre ces scénarios ; des rumeurs, des milices, des incidents et des bavures.
Tout ceci me laisse à penser que les tyrans n’étaient que des marionnettes avec des épingles fixées, et que celui qui tire les ficelles est un rouage de cet ordre mondial, où le tiers-monde est condamné à voir ses richesses volées alors qu’il se noie dans la pauvreté, la galette, elle, est entre une poignée de têtes partagée.
J’ai du mal à le dire mais ces pays se sont fait escroquer, il n’y a pas eu de révolutions mais des remaniements et des réformes, de la poudre aux yeux, mais en réalité, tout est encore pourri jusqu’à la moelle. Tôt ou tard l’épave s’effondrera et vivement, ses rats avec.
Camera Obscura
Cela fait un moment que je n’ai fait pas couler d’encre pixelisée sur les parois de ce blog, pourtant beaucoup de pensées n’ont cessé de faire échos intra-muros mais que j’ai dû dissimuler maintes fois derrière des rideaux de lassitude et des tableaux de désarroi.
Étrange, il fait toujours pas froid et c’est encore Mars, peut être car les actualités sont aussi brûlantes qu’un soleil de plomb ; guerres, mutineries, révoltes, séismes , tsunami, y’en a de toutes les couleurs sur la palette des désastres et j’aimerais en cette occasion, avoir une vive pensée pour les victimes et porter un toast à une certaine tranche de personnes qui s’illustrent pas mais qui sont toujours au front, de l’autre côté des objectifs des caméras il s’agit ici de journalistes chevronnés et d’anonymes émérites qui ont fait preuve de bravoure et de sacrifice.
Ali Hassan al Jaber (Caméraman d’Al jazeera en Lybie) et Lucas Mebrouk Dolega ( journaliste français en Tunisie), pour n’en citer que deux, ont passé l’arme à gauche pour défendre une cause noble. Le geste qui leur a valu la vie était une tentative délibérée d’immortaliser à travers leurs caméras et de façon indélébile, un minerai aussi puissant que la Kryptonite, nommé Vérité.
Mais je chercherai pas à sanctifier ces chevaliers des temps modernes, car ce que j’aimerais disséquer avec une dague objective est l’utilisation des nouvelles technologies pour reporter ce qui se passe sur le terrain.
Si certains reportages pourraient bien faire figures de pièces à convictions, de preuves irréfutables pour disculper certains ou au contraire pour écrouer d’autres, quelques scènes filmées semblent ne pas suivre l’éthique du journalisme raisonné et moins encore le respect de l’intégrité physique de l’être humain.
Je parle en effet de ces séquences souvent de courtes durées, sans titres, non datées et qui sont très graphiques, explicites et ensanglantées montrant des cadavres ou des blessés, mutilés, exécutés ou terriblement châtrés. Et dans certains cas retouchées pauvrement avec ‘toshop.
Il s’agit ici d’un non-respect avéré de l’intimité d’autruis qui sont filmées sans leurs consentements dans de piteux états, des vidéos qui font office de pilules qui éveillent cet instinct belliqueux et bestial et qui ne servent à rien si ce n’est comme vomitif à deux sous.
Et si ce genre de séquences continue de pulluler c’est parce que le public en est bien friand. Certains par complexes refoulés trouvent du plaisir à voir la souffrance, la torture ou l’humiliation d’autrui pour nourrir leurs perversités et carences psychologiques. Une forme de Snuff qui relève une grave détérioration psychique et mentale.
Le véritable problème réside dans la manière avec laquelle on manipule les moyens d’informations et communications car, si ces cyclopes électroniques peuvent sauver, témoigner et ramener justice, ils peuvent aussi souiller, briser et détruire des vies. Une arme à double tranchant qui peut être invoquée désormais par n’importe qui.
Le deuxième cas de figure découle des pratiques malfamées de ces charognards avec des appareils photos et téléphones portables qui semblent rechercher l’insolite, et traquer ce côté qui dérange mais que l’on demande de plus en plus ; de la violence à plein tube cathodique, qu’on vomit dans les assiettes, et qu’on fait avaler aux cervelles. Au fil du temps, on ne sent plus ce besoin pour régurgiter, on accepte petit à petit, et on digère ces photos autrefois choquantes, et on les partage et on les mastique même comme des bovins abrutis.
Cette banalisation de l’intégrité physique et morale rappelle bien l’âge d’or de la pornographie dans les années 1970 ; on bombarde les masses avec une tendance jusqu’à en créer un phénomène, qu’on finit par accepter, d’en créer un marché et par la suite de le canoniser comme une forme d’art.
Là on est monté d’un cran ; on considère toujours l’être humain d’une façon unilatérale, comme étant un objet de spectacle, sauf que contrairement au porno les acteurs sont souvent des personnes mortes ou sur le point de mourir qui se font dévorer et mutiler par des flashs d’appareils photos et emprisonnées sur de fines pellicules photographiques à tout jamais . Et dans la grande majorité des cas les prestations journalistique et médiatique sont délestées en faveur de l’effet du choc et du buzz. Comme quoi, si on naît pas une star de cinéma, on peut toujours le devenir dans l’au-delà.
Censurer ou crever les yeux des caméras ne sera pas une solution efficace, il faut juste développer une certaine conscience autour de la thématique du respect de l’intimité d’autrui et faire en sorte de changer cette vision qui qualifie l’individu comme un objet de spectacle ou le désigne comme une pièce de théâtre funeste.
In fine, On ne peut nier le grand apport des nouvelles technologies et leur contribution dans le développement des mass-médias, ce qui ne les innocente pas pour autant, tout est question de morale, d’éthique et surtout de respect mais en attendant que tout le monde comprenne cela, les vautours eux virevolteront encore longtemps sur nos toits…
Photo Credits: Bersarin Quartett
(R)Evolution
Il n’est guère difficile de se remémorer ces années de la vie où l’on avait cet esprit rebelle, cette attitude indomptable et ce caractère révolté qui balayaient d’un rejet totalitaire et souvent infondé tous les aspects de la société.
Il est peut-être le plus commun des fantasmes et à la fois le plus difficile à réaliser, celui de se révolter, celui de briser les chaînes et de courir en amont de la liberté. De lacérer une certaine peur enfouie en soi, qui étouffe et gentiment nous rattache au reste du troupeau, au vinaigre de la réalité.
Mais voilà et malgré moi, j’ai été témoin d’une révolution, j’ai été avec une poignée de millions comme moi au cœur d’un évènement historique, marqués à jamais, et c’était tellement intense qu’on n’aurait pu imaginer à quel point cette fine brise de liberté était enivrante, jusqu’à ce qu’on y ait gouté. On ne peut décrire ces moments de courage, de peur, de mort, de joie et de tristesse qui se bousculaient dans nos veines. Les seuls témoins qui pouvaient s’arrêter de temps à autre, étaient la respiration et les pensées qui essayaient de deviner ce qui devait se passer juste après une halte de silence, le bruit d’une arme à feu ou le cri d’un cœur meurtri. Tout se saccadait à une vitesse infernale.
Entre les slogans scandés, les cadavres calcinés, le fracas des os broyés par l’injustice, le sang qui effleuraient nos rêves de liberté et hantaient les cauchemars de nos tortionnaires , poussait un espoir qui nous unissait . J’étais, et pour la première fois de ma vie, fier de mon pays, fier de chanter l’hymne, fier enfin d’avoir une voix, de pouvoir crier.
La chose la plus dure après tous ces sacrifices, c’est de remarquer une régression, de voir cette nouvelle aube bafouée par des promesses vides, c’est dur de voir ce nouveau-né se faire effriter doucement par ces mêmes mains qui nous asphyxiaient et qui désormais, en arrière-plan, sont totalement transparentes et imperceptibles.
Ces manipulations archaïques des médias étaient comiques, mais c’est affligeant de voir autant de personnes se faire manier comme une haie de pantins dans une simagrée qui n’est même plus risible.
Des carnassiers apparus pour couvrir les crimes et l’odeur de corruption, semant les graines de la discorde et de la désunion avec les plus vils des moyens. Et pendant que la populace, éprise par ce sacrilège, s’est mise à se replier en communautés, à se barricader en régions, en pseudo partis politiques virtuels et en groupes concurrents , à organiser des chasses aux sorcières et à dresser des inquisitoires pour barbus, voilées, alcooliques et saintes ni touches recousues. Les vautours , eux, détruisent les preuves et partagent la galette en toute piété.
La dictature est toujours là, la répression, elle, est entrain de ramper tendrement pour regagner les vies. La tête de la pyramide a sauté mais la base, elle, y est encore.
Je n’essaies d’être négatif, mais je suis qu’un simple témoin, qui en refusant d’adhérer à ces comédies perpétuelles, a fini par ne voir qu’un squelette qu’on ne cesse de rhabiller d’un faux semblant de liberté.
En effet, cette machine de corruption qui distribue du pain en ayant du sang sur les mains, essaie par de sordides méfaits, d’étouffer les derniers foyers de lutte acharnée. Et ceux qui, au début applaudissaient et scandaient, sont maintenant confus, ne sachant flétrir ou jubiler.
Aujourd’hui, ce qui persiste le plus est cette vision tiraillée entre espoir et amertume, d’une jeunesse ardente face à une poignée de vieux croutons endiablés . La vigilance est de mise car la partie, elle, est loin d’être gagnée.








