Blog Archives

Sang Visages

La révolution enfin inachevée et la première chose qu’un spectateur pourra directement discerner est le développement colossal des activités équestres, en référence à tout ceux qui essaient tant bien que mal, sans pudeur ni selle, de chevaucher la dite révolution.

Le bilan est maigre car jusque là, rien n’a changé ou presque, l’intimidation persiste encore, la censure aussi et on continue encore de sanctifier des figures et des noms exhumés des registres de corruption et des dossiers pestiférés dans une tentative désespérée d’apprivoiser la résistance. La révolution est par la majorité négligée, et semble être un vague souvenir qui ne sert qu’à redorer les blasons et donner le libre arbitre à quiconque pour s’improviser politicien calé.

Ironique lorsque la veille, on se laissait ligoter par le fatalisme de la dictature, aujourd’hui, ses suppôts sont devenus de rebelles militants, des sages qui détiennent la vérité absolue et qui se permettent même d’incriminer ceux qui au tout début tenaient haut les flambeaux. Amnésie quand tu nous tiens.

Ils vont encore jurer allégeance, puis au premier coup de vent, s’enrouleront dans leurs tanières, mueront et referont surface avec de nouvelles couleurs pigmentées sur-mesure pour cirer les pompes d’un autre tyran où tout l’environnement de domination lui serait fin prêt.

Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité, ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux” disait Benjamin Franklin, mais il est assez clair que ces fanatiques adeptes de masochisme et souffrant d’un syndrome de Stockholm accentué, tentent de troquer la liberté et la dignité contre un faux-semblant de sécurité, et ils n’hésiteront pas par  ignorance de passer la brosse à reluire, changer de facette et de facéties pour subsister toujours à quelques doigts du précipice. Leur doctrine est la lâcheté et veulent valser pendant une période de transition sans tâter le terrain ou vaciller.

La « majorité » silencieuse ou, à défaut de termes moins crus, les hypocrites et les lâches qui se sont cachés sous leurs lit, attendant jusqu’à la dernière minute, un retour en force du manitou, ont essayé de sauter comme ils ont pu dans le dernier wagon du train de la réalité, dépassés par les évènements, ils avaient juste le temps de changer de mauve-mont. Honte à ces charognards, ils ne peuvent être purifiés, même pas avec les saintes cendres d’Andrasté.

Mais ils ne peuvent se douter qu’il y ait anguille sous roche, ils ne peuvent comprendre ce que c’est que d’être à l’autre bout d’un fusil à lunettes et avec le déclic d’une gâchette réduit en souvenirs et poussières, ils ne peuvent songer à la douleur infligée à une femme violée ou à un orphelin sans défense. Leur hypocrisie leur permet d’aligner les cadavres en ligne de mire des critiques et de les rosser ensuite. L’envie de travailler est soudainement montée d’un cran et l’ardeur pour la patrie est au zénith.

En effet, il faut avouer qu’on a implanté un réflexe dans ces peuples attardés, celui de se subjuguer sciemment pour feindre une démocratie aliénée où les moyens de communication se convertissent lentement en des outils pour réprimander, on crée un environnement putride où la torture et la répression sont des ornements outranciers de la démocratie et où les clames et ovations viennent sécher le sang des estropiés et les larmes des cadavres terrassés. Ces gens là ne peuvent pas vivre librement, ils éprouvent toujours le besoin d’être sous l’égide d’un bourreau, toujours à acclamer un éternel berger et sauveur. De la violence et de l’insipidité de cette comédie, on ne peut que rester sidéré.

Une rébellion avortée ne mène pas à une démocratie anticipée, loin de là, elle laisse place à toute sorte de germes pour pulluler dans les plaies encore entrouvertes et tout cet environnement malfamé ne pourra que réinstaurer de nouvelles dictatures où seules les mains sont priés d’applaudir, tandis que les têtes se fassent trancher et les pensées castrer. Des tyrannies assoiffées de liquidité bancaire et ayant une sensibilité exorbitante à toute voix qui entrave leurs crimes.

Policiers, voleurs, violeurs, snipers, tortionnaires, donjons, où est passé tout ce beau monde ? Ou devrait-on croire ces stipulations, selon lesquelles, tout n’était que rumeurs, contes à dormir debout et d’infantiles fabulations ?

Et c’est le même calque funèbre qui surplombe le  monde arabe ; une répression farouche et terrorisme d’état, pratiquant d’une façon illicite de nombreuses ruses pour disculper les manifestants et s’octroyer plus de droits. La similitude est frappante entre ces scénarios ; des rumeurs, des milices, des incidents et des bavures.

Tout ceci me laisse à penser que les tyrans n’étaient que des marionnettes avec des épingles fixées, et que celui qui tire les ficelles est un rouage de cet ordre mondial, où le tiers-monde est condamné à voir ses richesses volées  alors qu’il se noie dans la pauvreté, la galette, elle, est entre une poignée de têtes partagée.

J’ai du mal à le dire mais ces pays se sont fait escroquer, il n’y a pas eu de révolutions mais des remaniements et des réformes, de la poudre aux yeux, mais en réalité, tout est encore pourri jusqu’à la moelle. Tôt ou tard l’épave s’effondrera et vivement, ses rats avec.

Follow

Get every new post delivered to your Inbox.

Join 63 other followers

%d bloggers like this: