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Since I Left You
Hier soir, allongé au berceau de mes pensées, écoutant quelques morceaux en shuffle masqué, les arpèges d’une chanson plus que familière ont envahi mes écouteurs, accompagnés d’une phrase quelque peu cliché
“Watch the steps. Get a drink, have a good time now. Welcome to paradise, paradise, paradise…”
C’était pas difficile de deviner qui c’était, me rendant compte par la même occasion, que cette chanson n’a pas quitté mon lecteur depuis près d’une année. Mais reprenons l’histoire depuis le début sans trop de balivernes.
Un beau jour j’ai déterré une compilation d’un de ces sites où l’on se vante à établir des “best-of”s pour le plus grand plaisir des mélomanes et des curieux.
Et ce fut ma première rencontre avec le collectif australien “The Avalanches” .
Au début, je n’ai guère aimé mais je me suis vite aperçu que j’écoutais de plus en plus le titre “Electricity” ; Une ballade haletante saupoudrée d’accords, de samples et d’une basse saturée.
En découvrant, l’album “Since I Left You” , sorti en 2001, on se sent un peu désorienté; les chansons comportent beaucoup de couches, enracinée dans le turntablism, plus de 3500 samples vinyle ont été utilisés pour sculpter et forger le son de l’album. Les chansons ont été recollées puis découpées, de telle sorte qu’on peut écouter l’album en intégralité sans vraiment noter les sauts inter-morceaux.

Des samples épars allant de Madonna (Holiday employé sur Stay another season), de Michael Jackson, de 1968 des Mamas and Papas (employés dans Little Journey) jusqu’à Debbie Reynolds (1957), The Main Attraction (1968) , Cerrone (1976) ou encore les Paper Clip People (1996) sur A Different Feeling. Ce mélange peu anodin et exotique a donné naissance à un disque hybride, fraîs mais portant une signature unique valant à “Since I Left you” une carrure imposante, qui, une décennie plus tard continue à être brassée par les éloges des critiques. (classé No.10 parmi les 100 meilleurs albums australiens de tous les temps)
Mon titre préféré reste “Since I Left You“, en effet, même si certains le décrivent comme le revers de la médaille, je le considère comme le pilier même de l’album. Son côté mystérieux, nonchalant et déroutant est tellement fascinant que je me laisse arroser par sa vive émotion douce-amère remuée telle une marée par une voix radieuse et délicate chantant “Since I Left You, I found the world so new“.
Mélancolique, joyeuse et à la fois indifférente, cette palpitante nature lui ajoute des années à sa longévité.
La vidéo , qui a remporté plusieurs awards, reste tout de même assez ambiguë, ouverte à toute sorte d’interprétation, la mienne? je pense que c’est une invitation à vivre sa vie pleinement car de toute façon elle s’achèvera un jour (Le canari au début, utilisé pour détecter l’oxygène suggère que les mineurs étaient ensevelis, l’un d’eux qui s’est laissé aller naturellement, a pu danser pleinement et même s’il est mort il était heureux à en croire la fin:
“Three days later, They dug me out, I never saw Arthur again, But without bet wherever he’s gone, he’s having a damn good time…“
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